Ça bouillonne : IA et événementiel, le regard de Victor BERTHON

Ça bouillonne : IA et événementiel, le regard de Victor BERTHON

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« From event to content » : 3 questions à Victor BERTHON sur l’intelligence artificielle dans l’événementiel

Nouvelles méthodes d'écoute Vibrations communicantes

Victor BERTHON , directeur Développement & Digital au Sommet de l’Elevage

© Victor BERTHON

Et si l’IA impactait non seulement les événements, mais aussi ce que l’on en fait une fois le rideau tiré ? Pour Victor Berthon, en charge du Développement du Sommet de l’Élevage, l’IA ne remplace pas l’humain – elle l’augmente, et redéfinit l’expérience événementielle.

L’innovation fait partie intégrante de l’ADN du Sommet de l’Élevage. Chaque année, ses équipes ne cessent de se renouveler pour aller plus loin dans l’expérience événementielle proposée. Vecteur d’innovation, l’IA a-t-elle trouvé sa place au Sommet aujourd’hui ?

« Pour l’édition 2024, nous avions voulu tester la génération d’image pour notre affiche officielle… Presque sans surprise, le résultat ne fut pas à la hauteur du travail d’un photographe professionnel, qui a réussi à saisir toutes les qualités d’une belle race de concours.

Depuis, l’IA a très largement évolué, et nous avons pu l’intégrer dans l’expérience proposée à nos différents publics. Un assistant conversationnel prend place sur notre site internet, les fiches exposants se génèrent à partir d’un simple lien web, et des articles sont publiés à partir des requêtes de notre communauté tout au long de l’année. L’IA nous aide à aller plus loin dans notre ambition de faire vivre le Sommet au-delà de l’événement présentiel. »

Dans l’éternelle dualité de la machine face à l’humain, où voyez-vous l’IA dans un secteur comme l’événementiel où les relations sont reines ?

« L’intelligence artificielle doit être au service de la rencontre, et j’ai envie de dire, encore plus dans le milieu agricole, où l’on a besoin de se serrer la main, de se voir en vrai.
Dans cette optique, nous ne devons plus nous limiter à capter et retransmettre tel quel la somme de contenus captés sur nos événements. Il s’agit de passer « from event to content » – de l’événement au contenu. C’est pour cela que nous avons notamment créé Le Comptoir des Eleveurs , avec l’ambition de faire vivre autrement le contenu capté lors des conférences, concours, plateaux TV… qui se tiennent pendant le Sommet . Un moyen de nourrir nos communautés toute l’année, et lui permettre de se retrouver au-delà de ces 4 jours d’événement. Grâce à l’IA nous avons cette capacité d’industrialiser cette production de contenus, toujours plus en adéquation avec les attentes de nos publics.
Pour autant, notre sens critique reste maître, et il ne faut pas croire que l’IA a toujours raison. Nous restons les garants de la qualité de l’expérience produite pendant et hors de l’événement. »

Pensez-vous que l’IA pourrait redéfinir l’organisation même des événements dans les années à venir ?

« Cela évolue tellement vite, difficile de prédire de quoi demain sera fait.
Mais je pense qu’il ne faut pas avoir honte ou peur d’utiliser l’IA. Elle nous aide à nous réinventer, à faire germer d’autres idées, à avoir une compréhension plus pointue et accélérée des attentes de nos publics, … C’est une véritable opportunité dont il faut se saisir dans nos métiers !
Pour autant, l’IA peut aider à connecter les gens, mais elle ne remplacera jamais un sourire, une poignée de main, ni l’envie de discuter autour d’un café. Le cœur de l’événementiel, c’est la rencontre. L’homme est un être social, et ça l’IA ne pourra jamais le remplacer. »

Pour (re)découvrir l’expérience Sommet de l’Élevage c’est par ici !

On frissonne pour : le webinaire VoxDemeter

On frissonne pour : le webinaire VoxDemeter

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Avec son webinaire « Les Agricultrices, actrices incontournables de la transition pour une agriculture durable et prospère pour tous ! » VoxDemeter replace – enfin – la parole des agricultrices au cœur de la transition !

4 agricultrices ont apporté leurs témoignages lors du webinaire organisé par VoxDemeter, à l’occasion de la Journée des Droits des Femmes

© VoxDemeter

La parole des agricultrices peine à gagner en crédibilité, surtout lorsqu’il s’agit de transition de modèles agricoles bien établis. Pourtant les qualités du féminin ont tout pour faire grandir et avancer la réflexion sur ce sujet. Ce constat est tout l’enjeu du webinaire proposé par VoxDemeter, mené à l’occasion de la Journée des Droits des Femmes.

« Plus de 80 % des agriculteurs français souhaitent adopter – ou ont déjà adopté des pratiques agronomiques durables » dévoile le rapport de « La Grande Consultation des Agriculteurs » menée en décembre dernier par The Shift Project . Ou plutôt « 80 % des agriculteurs et agricultrices » : car oui, cet abus de langage mérite d’être ici rectifié.
Le rapport souligne en effet que « les motifs de préoccupation varient significativement selon le genre » et que « Les femmes sont plus préoccupées par des risques environnementaux systémiques (climat, biodiversité, manque d’eau, gaz à effet de serre…) et par les risques des phytosanitaires pour la santé humaine ou l’environnement. ». Si ces agricultrices sont préoccupées, alors c’est qu’elles ont des choses à dire et des idées à partager !

« Les agricultrices, actrices incontournables de la transition pour une agriculture durable et prospère pour tous »
Ce constat fut tout l’objet du webinaire participatif organisé à l’occasion de la Journée des Droits des Femmes par Anne DUMONNET LECA (Fondatrice et Présidente de l’association VoxDemeter) et Hélène LEPETIT (copilote de La Grande Consultation des Agriculteurs et CEO de The Very Good Future).
Au-delà des chiffres dressés par le rapport, ce rendez-vous a surtout – enfin – donné la parole aux principales concernées : les agricultrices.
À travers les regards croisés de Emeline BENTZ – Maraichère bio et Chargée de mission auprès du CIVAM, Marie-Françoise DEVICHI – Vigneronne et Présidente de l’AOP Patrimonio et Vice-présidente du CIV Corse, Delphine DESCAMPS – Éleveuse engagée et Présidente d’un méthaniseur, et Anne-Laure DURAND – Ingénieure agronome, installée en grandes cultures en Techniques Culturales Simplifiées, ce webinaire aborde le thème de la transition agricole au prime du regard des agricultrices.
Des femmes qui abordent sans détour leurs visions du métier, et des difficultés auxquelles elles peuvent se heurter en tant que cheffes d’entreprise agricoles, mères, administratrices de collectifs, et leurs idées pour l’avenir. « Une solution pour permettre à plus de femmes de prendre des responsabilités ? Ce serait de limiter le cumul de mandats ! » suggère par exemple Anne-Laure DURAND.

 Un webinaire qui fait du bien, on vous invite à écouter l’audio juste ici !

Tam-Tam : Sortie du Déméter 2025

Tam-Tam : Sortie du Déméter 2025

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Le Déméter 2025 invite à une exploration des enjeux agricoles et alimentaires mondiaux à l’horizon 2050

Communicante au SIA

La 31ème édition du Déméter, intitulée « Nourrir 2050 : de la fiction à la réalité » est désormais disponible.

© Club Demeter

Ouvrage de référence sur les enjeux stratégiques de l’agriculture et de l’alimentation, le Déméter nous emmène pour sa 31e édition dans une projection de plusieurs futurs possibles et contradictoires, avec l’objectif que les fictions alimentaires puissent dialoguer avec les réalités agricoles.

Comment assurer la sécurité alimentaire pour une population mondiale en expansion, tout en tenant compte des limites des ressources naturelles ? C’est la question à laquelle Le Déméter 2025 nous invite à réfléchir.

En explorant les enjeux agricoles et alimentaires mondiaux à l’horizon 2050, les auteurs mettent en avant l’importance d’une réflexion prospective face aux défis climatiques, géopolitiques et économiques croissants. Certes, les enjeux sont de taille, et, devant la complexité des questions soulevées, il pourrait être tentant de sombrer dans le pessimisme ou l’attentisme. Une prise de recul s’avère nécessaire, et une manière de repenser nos approches également. Car Nourrir 2050 ne sera pas uniquement l’affaire de systèmes agricoles et alimentaires qui devront être à la hauteur.

L’édition 2025 du Déméter propose ainsi de réfléchir autrement à ces questions, de combiner des analyses, des idées et des expériences, de comprendre que la complexité nous impose modestie et motivation, de s’ouvrir pour penser, de penser pour agir et d’agir pour progresser.

L’ouvrage contient des analyses, des focus géoéconomiques, agricoles et agroalimentaires, des cartes, infographies et statistiques mondiales.
Sous la direction de Sébastien Abis, chercheur associé à l’IRIS et directeur du Club DEMETER et la coordination d’Anaïs Marie chargée des publications et des études au Club DEMETER.

Vous pouvez commander le Déméter 25, ici

Ça bouillonne : Séverine Couvreur, ambassadrice auprès de l’UNESCO, présidente de la commission des viticultrices de Champagne

Ça bouillonne : Séverine Couvreur, ambassadrice auprès de l’UNESCO, présidente de la commission des viticultrices de Champagne

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« Le regard féminin conduit à une meilleure considération des conditions de travail, améliorant ainsi l’attractivité du métier et facilitant le recrutement »

Nouvelles méthodes d'écoute Vibrations communicantes

Séverine Couvreur, ambassadrice auprès de l’UNESCO, présidente de la commission des viticultrices de Champagne

© Commission des viticultrices de Champagne

Les choses bougent en Champagne ! À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, Séverine Couvreur, viticultrice et présidente de la Commission des Viticultrices de Champagne, souligne le rôle crucial des femmes dans les transitions sociétales. En Champagne, les femmes jouent un rôle moteur, notamment en influençant les pratiques viticoles vers plus de santé et de bien-être au travail. Leur perspective contribue à améliorer l’attractivité de la profession et à transformer les considérations environnementales et sociétales dans le secteur.

Séverine Couvreur incarne un « regard féminin » unique et audacieux. En tant que Présidente de la Mission Coteaux, Maisons et Caves de Champagne, elle ose entreprendre différemment pour valoriser les paysages inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO. À la tête de la Commission des Viticultrices du Syndicat Général des Vignerons, elle défend l’œnotourisme et mène des actions innovantes pour la reconnaissance des femmes dans le secteur viticole champenois. Ces initiatives, qui dénotent par leur originalité, font évoluer les mentalités, même dans une région où l’on pourrait croire ces questions déjà résolues.

Avec son mari, elle a lancé la marque de champagne Varicour et fondé l’association 286M pour promouvoir la montagne de Reims. Son engagement s’étend également aux défis environnementaux et au développement durable, démontrant sa capacité à innover et à inspirer le changement.

Le regard féminin, moteur de transition

« Les agriculteurs ont la même activité physique que des athlètes professionnels » témoigne Séverine Couvreur. Cependant, cette réalité est souvent méconnue des principaux intéressés, qui ne réalisent pas toujours l’impact de cette fatigue intense sur leur corps.

Selon elle, il est essentiel de rappeler que le corps reste le premier outil de travail des viticulteurs. « Ils doivent en prendre soin, tant sur le plan physique que psychologique », insiste-t-elle. Dans un secteur où la virilité et les traditions poussent souvent à taire les difficultés, les femmes jouent un rôle clé. Elles accompagnent fréquemment les agriculteurs dans leurs moments de détresse, qu’il s’agisse de burn-out ou de maladies liées à l’activité. « Ce sont elles qui, généralement, sont les plus enclines à réfléchir et à agir pour faire évoluer ces questions », souligne la viticultrice. Pour le secteur agricole, cette prise de conscience représente une avancée complexe, et pourra « conduire à une meilleure considération des conditions de travail, améliorant ainsi l’attractivité du métier et facilitant le recrutement ».

Loin des clichés, une volonté d’aboutir

Au-delà des clichés souvent moqueurs sur l’engagement des femmes, Séverine Couvreur rappelle une réalité : « Le temps dont disposent les femmes est souvent plus restreint que celui des hommes ». En plus de leurs activités professionnelles, elles assument encore majoritairement les tâches familiales, bien que cette situation évolue avec les nouvelles générations. Ainsi, lorsque les femmes s’engagent dans des actions pour faire évoluer leur secteur, elles le font avec une volonté d’aboutir et un sérieux marqué. « Elles consacrent ce temps précieux pour être actives et apporter des réponses concrètes aux problématiques rencontrées », souligne-t-elle. « Leur engagement est synonyme de détermination et de travail rigoureux ».

Une journée symbolique et nécessaire

Le 8 mars, Journée internationale des droits des femmes, passe souvent inaperçu dans le secteur viticole. Pourtant, cette journée revêt une importance particulière : elle permet de mettre en lumière des exemples inspirants de femmes qui font bouger les lignes. « Montrer que des femmes s’engagent et réussissent dans ce domaine, c’est encourager d’autres femmes à prendre le relais et à oser se lancer », conclut Séverine Couvreur.

*Non Issu du Monde Agricole

Par Antoine Monnier – agence Communicante

En partenariat avec VoxDemeter 

Tam Tam : Le premier guide pour la Résilience Alimentaire, réalisé par le CNRA

Tam Tam : Le premier guide pour la Résilience Alimentaire, réalisé par le CNRA

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Résilience alimentaire : un guide pour tous, un enjeu commun

Communicante au SIA

© CNRA / AFNOR

Face aux défis croissants du climat, de l’économie et des enjeux sociaux, notre système alimentaire est mis à rude épreuve. Pour y faire face, le guide AFNOR SPEC 2301 propose des solutions pratiques et concrètes pour renforcer la résilience alimentaire des territoires. Il s’adresse à tous ceux qui œuvrent pour une alimentation plus durable et locale, qu’il s’agisse des collectivités, des agriculteurs, des entreprises, des associations ou même des citoyens engagés.

Ce guide ne se limite pas à une catégorie d’acteurs : il a été conçu pour accompagner tous ceux qui souhaitent agir, qu’ils soient producteurs, décideurs ou consommateurs. Il offre des méthodes éprouvées et des exemples concrets pour rendre les territoires plus résilients face aux crises alimentaires, en combinant des actions locales et des stratégies de transformation à plus grande échelle.

 

Un travail collectif sans précédent

Fruit de deux ans de travail, ce guide est le résultat d’un effort exceptionnel mené par le CNRA. Hermine Chombart de Lauwe, déléguée générale, partage :

« Beaucoup de joie, énormément de fierté et, soyons honnêtes, un brin d’émotion. Ce guide, c’est plus de 200 contributeurs, des échanges passionnés (et parfois un peu animés 😄), des idées par milliers, 155 bonnes pratiques concrètes et, surtout, une volonté commune : rendre nos territoires plus résilients face aux aléas.« 

L’ampleur du travail est remarquable : rassembler autant de personnes, les mobiliser et aboutir à un consensus malgré des intérêts parfois divergents.

 

Les 5 piliers du guide

1. Protéger les ressources naturelles : eau, sols, biodiversité
La gestion durable de l’eau, des sols, de la biodiversité, des semences et des matières fertilisantes est essentielle pour garantir un système alimentaire résilient. En encourageant une gestion collective et responsable de ces ressources, les territoires réduisent les risques de pénuries et renforcent leur capacité d’adaptation face aux crises.

2. Accompagner la transformation des systèmes agricoles
Des exploitations robustes, attractives et viables sur le long terme sont la clé d’une alimentation durable. Ce guide met en avant des stratégies pour améliorer la transmission des exploitations, favoriser l’installation de nouvelles générations d’agriculteurs, diversifier les productions et assurer une rémunération équitable aux producteurs.

3. Promouvoir l’économie circulaire et les circuits courts
Le bassin de vie, qui regroupe production, transformation, distribution et consommation, est l’échelle clé pour une organisation alimentaire efficace. En renforçant la logistique locale et la coopération entre acteurs du territoire, on favorise un approvisionnement plus sûr et plus solidaire face aux perturbations.

4. Soutenir l’autonomie alimentaire des territoires
En valorisant les déchets alimentaires, en allongeant la durée de vie des produits et en intégrant des principes d’écologie industrielle, les territoires peuvent réduire leur dépendance aux ressources extérieures et mieux absorber les chocs économiques et environnementaux.

5. Encourager la coopération entre acteurs locaux
Un territoire résilient repose sur des diagnostics précis, des solutions adaptées et un cadre de gouvernance structuré. Ce guide propose des outils pour accompagner les collectivités et entreprises dans la mise en place de stratégies durables, en intégrant innovation, financement et responsabilités territoriales.

Bien plus qu’un simple guide, cet ouvrage est une boîte à outils opérationnelle prête à être utilisée par tous avec ces 155 bonnes pratiques illustrées avec des exemples concrets. Comme l’affirme Hermine Chombart de Lauwe :
« Nous avons désormais un document concret qui va enfin pouvoir être mis entre les mains de ceux qui veulent agir.« 

Grâce à l’engagement du CNRA et de ses contributeurs, ce guide ouvre la voie à des territoires plus autonomes, plus durables et mieux préparés aux défis de demain.

Téléchargez gratuitement le guide : Guide de bonnes pratiques AFNOR SPEC pour la résilience alimentaire – CNRA – Résilience alimentaire

En résonance avec Sébastien Abis, chercheur associé à l’IRIS et directeur du Club DEMETER

En résonance avec Sébastien Abis, chercheur associé à l’IRIS et directeur du Club DEMETER

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« Le monde agricole a besoin aussi de leadership féminin »

Sébastien Abis, chercheur associé à l’IRIS et directeur du Club DEMETER, « Le monde agricole a besoin aussi de leadership féminin » © Club Demeter

Sébastien Abis est directeur du Club DEMETER, chercheur associé à l’IRIS depuis 2012, expert en géopolitique. Également enseignant, auteur et chroniqueur, il nous livre un regard aiguisé sur le rôle que les femmes ont à jouer face aux défis à venir.

Dans votre ouvrage « Veut-on nourrir le monde ? Franchir l’Everest alimentaire en 2050.», vous expliquez que le défi de l’humanité est d’assurer la sécurité alimentaire mondiale en préservant les écosystèmes et les ressources.
Qu’est-ce que les femmes vont amener dans la transition agricole et alimentaire en cours ?

Il convient d’abord de prendre conscience du rôle vital joué au quotidien par les femmes, sur tous les continents, pour produire de la nourriture. L’agriculture est le 1er employeur de femmes au monde. Dans les pays en développement, les femmes représentent la moitié de la population active agricole. L’agriculture devrait être par conséquent aussi leur 1er levier d’émancipation.
En outre, de nombreuses femmes, hélas, travaillent dans les champs sans avoir ni statut officiel, ni salaire. Nous pourrions aussi évoquer ces jeunes filles aux champs. Par ailleurs, Les femmes sont toujours sous-représentées dans les enceintes décisionnelles. Elles sont pourtant innovantes pour gérer les ressources, éviter les gaspillages, inventer de nouvelles pratiques. L’entrepreneuriat féminin en agriculture, c’est une force.

Il est important aussi de souligner la responsabilité qu’elles portent du fait de leur fonction maternelle même. L’alimentation des 1000 premiers jours d’un enfant est déterminante pour les 20 000 potentiels à suivre, en moyenne. Dans cette période des premiers jours de la vie, la nutrition s’avère centrale dans la réussite du développement futur de l’enfant. Mal nourri, il aurait alors d’inévitables carences, y compris un coefficient intellectuel limité. Très concrètement, pour élever le niveau d’intelligence humaine demain, faire face à moins de nervosité, à moins d’instabilité dans le monde, il faut bien nourrir les enfants ! Et ce n’est pas seulement l’affaire des mères.
C’est d’ailleurs le sujet du Sommet de la nutrition pour la croissance, « Nutrition for Growth (N4G) » qui se tiendra les 27 et 28 mars 2025 à Paris. L’alimentation des enfants, c’est comme leur éducation : un investissement pour améliorer le futur du monde.

 

Vous parlez d’un entrepreneuriat féminin plus responsable. Pourquoi ?  

Les femmes sont capables d’une vision long terme car elles visent souvent davantage des objectifs communs que personnels. Elles gèrent aussi plus facilement le collectif : réfléchir, innover, faire, se projeter ensemble.
La capacité féminine à accepter une diversité de points de vue facilite le fait de se projeter dans des changements à faire sans que cela génère de la peur. Elles ont tendance à être davantage multitâches et polyvalentes, à être rompues à l’instabilité et aux transitions à mener. Autant de caractéristiques, pour trop schématiques évidemment, mais qui font écho à la situation contemporaine d’un monde en pleine transformation.

Leur manière de gérer est sans doute plus adaptée aux défis de l’humanité que ne l’est la géopolitique d’aujourd’hui, que je qualifie comme le temps des hippopotames : les relations internationales et sociales sont féroces, véloces et polygames, pour traduire la nouvelle « multipolarité ». Les relations se durcissent, les révolutions s’accélèrent, les frustrations s’accumulent. On ne sait plus faire le tri, c’est l’émotionnel ou la colère qui prime.

Et pourtant, face au défi alimentaire qui est dressé devant nous, les aptitudes féminines sont nécessaires. Je prône une « souveraineté solidaire », qu’elle soit locale ou internationale, plutôt qu’une souveraineté solitaire.
Les solutions viendront de l’entraide, l’interdépendance, le décloisonnement, la cohérence sociétale, la confiance dans le temps long.

  

Et en France, où en sommes-nous ? 

Sur notre territoire, on se félicite d’avoir 25 % d’agricultrices parmi les exploitants. C’était 8 % dans la décennie 1970. Cependant, la population agricole diminuant, il n’y a pas beaucoup plus d’agricultrices qu’avant. En revanche, plus sont cheffes d’exploitation, c’est cela la différence.
Le secteur agricole reste néanmoins en retard sur la parité dans la représentation agricole.
Les femmes qui sont présentes dans des postes à responsabilité dans les instances ou les entreprises sont souvent cantonnées à la communication, aux affaires publiques ou à la RSE. Peu de femmes sont présidentes ou directrices. C’est un défi pour les prochaines années de savoir faire émerger du leadership féminin dans le monde agricole et agro-alimentaire en France. Face aux défis colossaux devant nous, nous devons faire preuve de beaucoup de modestie et d’esprit collectif. Les femmes sont donc d’autant plus nécessaires !

 

Propos recueillis par Véronique Spaletta et Caroline Chadal, Agence Communicante

En partenariat avec VoxDemeter