Ça bouillonne : Philippe Alibert : Comment les entreprises appréhendent-elles le paradoxe du consommateur ?

Ça bouillonne : Philippe Alibert : Comment les entreprises appréhendent-elles le paradoxe du consommateur ?

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L’importance d’identifier les principaux drivers de choix des consommateurs pour construire sa proposition de valeur en conséquence

Nouvelles méthodes d'écoute Vibrations communicantes

© Philippe Alibert, délégué Valorial pour les Pays de Loire

Philippe Alibert, délégué Valorial pour les Pays de Loire, – Cluster d’innovation pour toutes les filières agri-agroalimentaires du Grand Ouest, a récemment organisé un événement sur le paradoxe du consommateur qui a mobilisé un grand nombre de participants, preuve de l’actualité du sujet pour les entreprises agroalimentaires. Il nous explique comment les entreprises du secteur naviguent dans cette complexité croissante.

Pourquoi avoir choisi ce thème du paradoxe du consommateur pour votre événement ?

La connaissance et la compréhension du consommateur est fondamentale quand on veut innover. Or le sujet prend plus d’importance aujourd’hui car nous sommes passés d’un consommateur unique à un consommateur pluriel, volatil et évolutif.
Les consommateurs se fragmentent et leurs paramètres de choix se multiplient : aux critères historiques que sont le goût, la santé, la praticité et le prix pour les produits alimentaires, s’ajoutent désormais des éléments sociaux, sociétaux et environnementaux qui vont à la fois complexifier les choix du consommateur et l’analyse de leurs comportements.

Quelles difficultés les entreprises agroalimentaires rencontrent-elles face à ce consommateur pluriel ?

Les entreprises peinent à cerner ce que veut réellement le consommateur. En quelque sorte le consommateur développe une forme de schizophrénie : par exemple l’importance qu’il affiche dans ses déclarations pour le local, le bio, l’environnement ou les produits santé ne se traduit pas forcément dans ses actes d’achat. Le prix reste souvent déterminant et peut infirmer les volontés affichées.
De même l’hédonisme est un moteur puissant de choix. Les produits plaisir sont souvent préférés au moment de l’acte d’achat, créant ainsi un décalage entre le plébiscite sur certains produits dans le discours et la réalité d’achat. Ce décalage exprime la tension qui existe entre les différents critères intervenants dans nos choix de consommation alimentaire.

Comment les entreprises s’adaptent-elles concrètement ?

Certaines sociétés vont au-delà des études traditionnelles en se rendant directement chez les consommateurs, pour s’immerger dans leur réalité quotidienne. Elles vont dans leur cuisine, les accompagnent pour faire leurs courses, observent et questionnent.  Cette approche pragmatique permet de croiser études et réalité terrain. C’est un outil puissant mais toutes les entreprises n’ont pas ces moyens.

Les grandes structures investissent depuis longtemps dans les études consommateurs et continuent à investir ce champ pour cerner au mieux le comportement des consommateurs. On peut d’ailleurs citer à titre d’exemple, la création toute récente de la Chaire « analyse des comportements des consommateurs », fruit d’un partenariat entre AUDENCIA, SODEBO et TERRENA.*

Les petites entreprises investissement souvent moins pour des questions de moyens, mais la prise de conscience du besoin de se renforcer en marketing est réelle et des mouvements s’opèrent.

* Article Vibrations à lire sur le sujet : En résonnance avec : Cindy Lombart, enseignante chercheuse spécialisée en comportements des consommateurs

Quels sont les défis majeurs identifiés ?

Le défi principal consiste à identifier les principaux drivers de choix des consommateurs et construire sa proposition de valeur en conséquence.

Pour être efficace, la proposition de valeur ne peut pas se limiter à des déclarations de bénéfices mais doit s’appuyer sur des faits et s’incarner. Le rapport bénéfices / coût – contraintes du produit ou du service doit être positif et acceptable économiquement par les consommateurs ciblés.  Pour répondre aux enjeux sociaux, sociétaux et environnementaux, le défi principal consiste à pouvoir garder les valeurs originelles de l’alimentation : le bon, le sain, l’accessible, le pratique tout en intégrant les dimensions sociales, sociétales et environnementales.
L’équation est souvent difficile à résoudre.  Si les bénéfices personnels (« c’est bon pour moi ») passent facilement, les autres comme l’impact environnemental (« c’est bon pour l’environnement ») sont plus difficiles à faire accepter surtout si le prix plus est élevé. Et pour les entreprises, si le développement durable est bien sur leur feuille de route, il faut néanmoins qu’il soit aussi durable économiquement.

Une approche par les co-bénéfices (mise en avant de l’impact environnemental du produit par exemple) peut aider à faire bouger les lignes et aligner bénéfices personnels immédiats avec le bénéfice environnemental.

Quelles bonnes pratiques recommandez-vous ?

D’abord, ne jamais oublier les fondamentaux : un produit alimentaire doit rester bon et irréprochable sur le plan de la sécurité des aliments. L’expérience sensorielle et la santé restent primordiales. Ensuite, il faut bien connaître sa cible et savoir à qui on s’adresse – encore plus crucial aujourd’hui avec la segmentation des consommateurs.
Je recommande aussi de mener un véritable exercice d’analyse de la valeur : quelle proposition j’apporte, à quel prix, comparé à quoi ? Enfin, rester connecté au monde de la science et aux tendances, interroger régulièrement les consommateurs, sans oublier les nouveaux médias et leaders d’opinion qui influencent les jeunes générations.

Édito Vibrations #10 : Le paradoxe du consommateur : et si c’était la com, le problème ?

Édito Vibrations #10 : Le paradoxe du consommateur : et si c’était la com, le problème ?

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Quand l’écart intentions-achats interroge notre capacité à créer les bonnes conditions pour la consommation responsable.

Vibrations Slider NL6

©Caroline Bontemps
Caroline Bontemps, graphiste : « Mettre en image le « paradoxe du consommateur » pour Vibrations me tenait à coeur : c’est une réalité quotidienne, un questionnement à chaque achat. Bien trop souvent guidés par notre porte-monnaie, nos valeurs et notre santé ne sont parfois plus prioritaires. S’informer, débattre, ouvrir des discussions permet d’avancer sur nos réflexions, de trouver des solutions. Nous sommes si nombreux à vivre ce paradoxe que le mieux, c’est d’en parler ! » 

Pour cette 10ème édition, l’équipe de Vibrations communicantes a choisi un thème fort et complexe : l’écart entre les intentions de consommation responsable et les comportements d’achat réels.

Nous le constatons tous : une large majorité de Français déclare vouloir consommer plus responsable. Dans le même temps, le prix reste le premier critère d’achat, les achats impulsifs demeurent, et la fast-consommation est toujours bien présente.

Ce grand écart entre intentions et comportements, nous l’avons baptisé « le paradoxe du consommateur ». Un terme commode. Presque rassurant. Il localise le problème chez l’autre, le consommateur, cet « être incohérent qui ne fait pas ce qu’il dit ».

 

Et si nous retournions la question ?

Et si ce paradoxe était d’abord le révélateur de nos propres angles morts ? Angles morts de communication, de marketing, de stratégie. Derrière ce décalage, quelles réalités préférons nous parfois ne pas voir ?

Car comprendre ce paradoxe, c’est aussi interroger les conditions dans lesquelles nous proposons l’offre responsable aux consommateurs. L’invisibilité de certains maillons de la chaîne alimentaire. La complexité des informations. La fatigue décisionnelle. L’accessibilité parfois limitée des produits responsables. Autant de réalités qui peuvent rendre difficile, pour le consommateur, la mise en cohérence entre ses valeurs et son caddie – même quand la volonté est là.

Que faisons-nous pour l’y aider vraiment ? Comment facilitons nous ses choix ? Rendons nous visible le vrai coût des choses ? Travaillons-nous à rendre la consommation responsable accessible? Comment accompagner le consommateur dans cette transition plutôt que de la lui présenter comme un idéal, complexe à atteindre?

Pour explorer ces questions en profondeur, notre équipe vous propose dans cette 10ème édition des regards croisés et des éclairages concrets.

 

Comprendre ce paradoxe, c’est ajuster nos approches à la réalité des comportements. L’éclairer, c’est se donner collectivement les moyens de créer un environnement favorable à la consommation responsable.

 

Pour célébrer cette 10ème édition, nous vous invitons à prendre de la hauteur sur ce sujet fascinant, à éclairer ensemble nos angles morts, à explorer les leviers qui sont entre nos mains pour faire bouger les lignes.

 

Belles lectures et riches découvertes !

 

On vous a transmis cette news ? Pour vous abonner gratuitement à Vibrations communicantes, c’est par là

 

Véronique Spaletta et Caroline Chadal, directrices associées de l’agence Communicante

En résonance avec : Christian Junod, économiste et spécialiste de la relation à l’argent

En résonance avec : Christian Junod, économiste et spécialiste de la relation à l’argent

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« Les marketeurs ont un rôle à jouer pour faciliter le chemin vers la consommation durable. Pas pour le compliquer. »

Christian Clot, explorateur

Christian Junod, spécialiste de la relation à l’argent : « Les marketeurs ont un rôle à jouer pour faciliter le chemin vers la consommation durable. Pas pour le compliquer. »

© Christian Junod

Christian Junod, économiste, auteur et conférencier spécialisé dans la relation à l’argent, décrypte pour nous le paradoxe consommateur – cet écart entre les intentions d’achat responsable et les comportements réels. Il invite à pacifier le rapport à l’argent et à simplifier l’accès à la consommation durable pour faire émerger davantage de consom’acteurs.

Comment décrivez-vous du paradoxe du consommateur ? Comment l’expliquez-vous depuis votre regard de spécialiste de la relation à l’argent ?

Le paradoxe du consommateur s’explique en partie par notre rapport à l’argent, qui est très généralement dominé par la peur de manquer, quel que soit notre niveau de vie. Cette peur restreint nos achats et rend toute sortie d’argent difficile, même lorsqu’on a les moyens. C’est le premier paradoxe : l’incapacité à se faire plaisir malgré les ressources disponibles. À l’inverse, certains dépensent de manière impulsive et émotionnelle, dans une forme de rejet de la frustration. « Je dépense donc je suis » : on se sent vivant quand on peut dépenser, mais cette euphorie retombe immédiatement.

Ce que j’observe de plus en plus aujourd’hui, c’est que la société de consommation est devenue une société de compensation. Moins on est bien dans sa vie, plus on cherche à compenser par la consommation. L’achat devient une fuite, un leurre pour oublier son mal-être. Et, plus on se restreint au quotidien, plus on dépense quand on s’autorise enfin à le faire, à lâcher – notamment en vacances.

Le problème, c’est que ce fonctionnement émotionnel n’est pas conscient. On ne réalise pas que la peur est le moteur de nos actions. Tant qu’on reste dans cette peur, nos choix restent centrés sur nous-mêmes, sans conscience de leur impact sur le monde. Or, l’intention de consommer de manière responsable ne part pas d’une émotion, mais d’un choix de valeurs.

 

Comment est-il possible de faire évoluer ce paradoxe pour aller vers une consommation plus responsable ?

Il faut d’abord pacifier son rapport à l’argent. C’est un travail intérieur essentiel pour retrouver une sérénité quel que soit l’état de ses finances. Si on reste dans l’agitation mentale, avec ces petites voix qui créent de l’émotionnel, on ne peut pas faire de choix avisés.

En étant dans la peur, nos choix sont uniquement liés à notre personne et pas à l’extérieur, sans conscience de leur impact. C’est « moi », pas « moi et le monde ». Une fois le rapport à l’argent apaisé, on peut développer une confiance en la vie et voir l’argent comme un bulletin de vote pour la société qu’on va construire ensemble. La manière d’utiliser mon argent co-construit la société de demain : emploi, commerces, impact écologique. Je deviens acteur de quelque chose.

On peut ressentir une émotion positive en achetant de manière responsable, associée au sens qu’on donne à l’utilisation de son argent. Ce n’est plus une compensation émotionnelle, mais une conséquence de ses valeurs.

Comme le dit Pierre Rabhi avec la « sobriété heureuse » : quand c’est une sobriété choisie, on peut être heureux. Le bonheur n’est pas une accumulation matérielle, mais la qualité des relations, l’abondance, la capacité à voir la beauté de la vie, l’alignement avec le sens de ce qu’on fait. Plutôt que de se forcer à se restreindre – ce qui crée une violence intérieure -, il s’agit d’apprendre à apprécier autrement.

 

Quelles recommandations auriez-vous pour les communicants et les marketeurs ?

Le paradoxe du consommateur pose la question de leur responsabilité : jusqu’où sont-ils prêts à faire des communications franches et authentiques, et jusqu’où veulent-ils vendre du rêve et du « faire croire » ?

Le marketing traditionnel joue sur l’émotion en invitant à « se faire plaisir » en se coupant du reste du monde et du rationnel. C’est un marketing égocentrique qui joue sur les frustrations et les envies. Je préconise au contraire un marketing qui va nous élever, qui délivre des messages qui participent au changement de société en promouvant la consommation durable. Il faut toucher positivement les personnes, les inviter à devenir « consom’acteur » – à acheter bien au-delà de soi, montrer que l’achat a un impact qui dépasse l’individu.

Et puis, consommer de manière responsable demande réellement un effort : se renseigner, se déplacer. C’est un acte volontariste de dépenser mon argent chez le libraire plutôt que chez Amazon. C’est un chemin de conscience qui demande d’être prêt à lâcher une certaine facilité. Les marketeurs ont un rôle à jouer pour faciliter ce chemin, pas pour le compliquer. Leur responsabilité est d’accompagner cette élévation de conscience plutôt que de maintenir les consommateurs dans des schémas de compensation émotionnelle.

 

A propos de Christian Junod

Économiste de formation, Christian Junod a travaillé dans une banque suisse avant de se spécialiser dans l’accompagnement autour de la relation à l’argent. Il a accompagné pendant 15 ans des profils très variés, des personnes surendettées aux gagnants de l’Euromillion. Auteur de cinq livres sur le sujet, il prépare actuellement un sixième ouvrage – un essai sur la manière dont notre rapport à l’argent explique la société actuelle.

Pour en savoir plus sur les ateliers proposés par Christian Junod : Son site Internet 

Et pour lire « Ce que l’argent dit de vous », dans lequel Christian Junod vous invite à interroger votre relation à l’argent pour le mettre à la bonne place dans votre vie : Les livres – Christian Junod 

 

Propos recueillis par Véronique Spaletta, agence Communicante

6 événements au programme de La Guinguette Agrilys et Communicante au Sommet de l’Élevage ! 

6 événements au programme de La Guinguette Agrilys et Communicante au Sommet de l’Élevage ! 

Plus que jamais, rencontres et échanges professionnels rythment « La Guinguette : Business et Rillettes »

Autour de 6 événements partenaires, les agences Agrilys et Communicante se retrouvent pour vous accueillir sur leur stand emblématique « La Guinguette : Business et Rillettes », à l’occasion du Sommet de l’Élevage. Du 7 au 10 octobre, Hall 1 – Stand E138, rencontres professionnelles et convivialité seront plus que jamais à l’honneur ! 

Cette année encore, notre stand devient le lieu incontournable pour les professionnels de la filière élevage qui souhaitent allier networking et réflexion stratégique dans une ambiance authentique et décontractée. 

Fidèle au Hall 1, « La Guinguette » c’est d’abord un concept innovant de « working place de village ». Et pour renforcer sa vocation à être un espace de rencontre privilégié entre professionnels, nous accueillerons cette année 6 événements imaginés avec nos partenaires, pour créer ainsi de nouvelles opportunités de croiser les réseaux. 

Notre programme aux petits oignons :  

MARDI 07 OCTOBRE

11H – Rencontre avec Marine Boyer, éleveuse et Présidente de la FNCuma – Rendez-vous Vox Demeter 
animée par Yolène Pagès, éleveuse de l’Aveyron 

15H – Rendez-vous du réseau Nuffield France 
Acteurs passionnés et lauréats de bourses d’études pour explorer des sujets d’agriculture. 

MERCREDI 08 OCTOBRE

9H – « Testez le codév pour vos pratiques professionnelles » 
En groupe restreint, Agrilys et Communicante vous proposent un atelier pour résoudre toute question professionnelle grâce à l’échange et l’interaction guidée entre pairs.  
Nombre de places limité – Sur inscription uniquement 

11H – Rendez-vous du réseau CNRA, Conseil National pour la Résilience Alimentaire 
Agir pour rendre disponible et accessible à tous, en toutes périodes, une alimentation saine, qui assure une juste valorisation et répond aux attentes sociétales. 

16H30 – « Décalez vos collectifs ! » – Evènement Cofarming, Agrilys et Communicante 
Les bons ingrédients pour faire vivre les collectifs de l’agriculture. 
30 minutes d’échanges avec Margaux Sabatier, Antoine Dalle, CoFarming et Claire Barneron-Coulin, Agrilys. 

JEUDI 09 OCTOBRE

16H30 – « Décalez vos collectifs ! » – Evènement Cofarming, Agrilys et Communicante 
Les bons ingrédients pour faire vivre les collectifs de l’agriculture. 
30 minutes d’échanges avec Margaux Sabatier, Antoine Dalle, CoFarming et Claire Barneron-Coulin, Agrilys. 

Parlons business ! 

Au-delà de ces rendez-vous programmés, notre stand est ouvert toute la journée pour des échanges informels autour d’un café ou… de nos fameuses rillettes ! Un concept qui a fait ses preuves lors des éditions précédentes du Sommet de l’Élevage. 

Si nous ne nous connaissons pas encore, ce sera l’occasion parfaite de rencontrer les équipes de nos agences et de discuter de vos actualités dans un cadre décontracté mais professionnel.  

Une promesse commune : accompagner et conseiller les collectifs et leaders du monde agricole 

Depuis plus de 10 ans, Agrilys et Communicante collaborent autour d’une promesse commune visant à accompagner les stratégies des acteurs du monde agricole. Chacune à leur manière et conjointement, nos agences mêlent coaching, facilitation, formation et réflexion stratégique. 

À noter dans vos agendas : Rendez-vous à La Guinguette du 7 au 10 octobre sur notre stand du Sommet de l’Élevage, Hall 1 – Stand E138 ! 

N’hésitez pas à prendre contact avec nous en amont pour planifier un rendez-vous ou pour vous inscrire à nos ateliers. Nous avons hâte de vous retrouver ! 

• Véronique Spaletta, directrice associée, coach de dirigeant.es et leaders de collectifs, responsable du média Vibrations communicantes  : 06 87 19 07 09

• Caroline Chadal, directrice associée, directrice conseil en communication  : 06 78 34 98 53 

• Charlotte Julien, ingénieure alimentation et santé, cheffe de projet  : 06 82 62 40 65

Ça bouillonne : L’IA générative : révolution technologique ou bombe écologique ?

Ça bouillonne : L’IA générative : révolution technologique ou bombe écologique ?

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Comment saisir l’opportunité de l’IA générative sans sacrifier nos efforts pour la cause environnementale

Nouvelles méthodes d'écoute Vibrations communicantes

© Thomas Brilland

Pour Vibrations communicantes, nous avons interviewé Thomas Brilland, chargé des questions liées à l’impact environnemental de l’intelligence artificielle au service sobriété numérique de l’ADEME. L’objectif : explorer les liens entre communication, intelligence artificielle et responsabilité environnementale, afin que chaque communicant comprenne sa valeur-ajoutée et adopte une utilisation intelligente et responsable de l’IA générative.

Novembre 2022. ChatGPT débarque et le monde en est changé. En quelques mois, l’intelligence artificielle générative arrive à se rendre indispensable au niveau professionnel mais aussi personnel. Contrairement à l’arrivée d’Internet dans les années 2000, personne ne commet l’erreur de sous-estimer cette nouveauté. L’IA générative n’est pas une mode éphémère : elle s’impose comme l’outil incontournable de demain.

Mais cette course à l’innovation arrive à un moment critique. Alors que la France s’efforce de réduire son empreinte carbone et que le secteur numérique représente déjà 4,4% de l’empreinte carbone nationale avant son arrivée, l’IA générative menace d’anéantir des années d’efforts environnementaux. Le paradoxe est là : nous développons massivement des technologies énergivores précisément quand nous devrions décarboner.

L’impossible équation énergétique

« Il y a un manque de transparence très important des acteurs principaux du domaine », explique Thomas Brilland, ingénieur numérique à l’ADEME. Cela rend difficile l’évaluation précise de l’impact environnemental de l’IA, mais plusieurs signaux d’alarme sont identifiables.

Lors du sommet de l’IA, la France a annoncé des projets de data centers pouvant atteindre 1 gigawatt de puissance installée, l’équivalent d’un réacteur nucléaire entier. Ces infrastructures ne se contentent pas de stocker des données comme le cloud : elles effectuent des calculs de haute performance avec une très forte densité énergétique.

L’impact se mesure à deux niveaux. D’abord, la fabrication des équipements : puces ultraspécialisées nécessitant des métaux rares, procédés industriels lourds, extraction minière polluante. Ensuite, l’utilisation : consommation électrique massive pour alimenter les calculs, mais aussi consommation d’eau considérable pour refroidir ces installations.

Face à ce constat, une hiérarchie émerge entre les différents usages. Générer une image consomme plus d’énergie que produire du texte, et créer une vidéo surpasse encore ces deux usages.

Mais une différence plus fondamentale oppose les modèles généralistes aux solutions spécialisées. ChatGPT, capable de tout faire, nécessite un « cerveau » gigantesque pour traiter n’importe quelle demande. À l’inverse, une IA générative dédiée uniquement à une spécialité comme la traduction ou à la transcription peut fonctionner avec des ressources beaucoup plus modestes. « Plus le modèle est généraliste et sait tout faire, plus il va être consommateur », précise l’expert de l’ADEME.

Cette logique devrait guider nos choix. Plutôt que de développer des « mégamodèles » universels, la France aurait intérêt à miser sur des IA spécialisées, plus sobres et répondant à des besoins précis. Une stratégie qui permettrait de concilier souveraineté technologique et responsabilité environnementale.

Le défi professionnel : besoin réel ou effet de mode ?

Dans le secteur de la communication, cette réflexion devient cruciale. L’arrivée de l’IAgen crée une pression concurrentielle inédite : quand un collègue produit du contenu en quelques clics, difficile de résister à la tentation. Mais cette course à la productivité peut masquer un questionnement essentiel.

La première question à se poser : ce besoin existait-il avant l’IA ? Si une campagne publicitaire nécessitait auparavant un photographe, un graphiste et plusieurs jours de travail, l’automatisation par IA répond-elle à une véritable nécessité ou crée-t-elle artificiellement un nouveau standard ?
Pour Thomas Brilland, la démarche d’éco-conception doit s’appliquer dès la genèse des projets : « Simplement le fait de se poser des questions à chaque étape du projet, va nécessairement réduire l’impact. » Identifier le besoin réel, évaluer les alternatives sans IA, choisir des outils spécialisés quand l’intelligence artificielle s’impose réellement.

Cette réflexion prend une dimension éthique particulière. Comment justifier des campagnes entièrement générées par IA tout en revendiquant un engagement environnemental ?

Le risque de greenwashing devient omniprésent : utiliser massivement des technologies énergivores tout en communiquant sur sa conscience écologique est incohérent.

L’intelligence de la sobriété 

L’IA, comme toute technologie puissante, amplifie nos choix : sage si elle répond à des besoins identifiés, destructrice si elle crée artificiellement de nouveaux standards de consommation.

Dans le secteur de la communication, cette responsabilité devient collective. Chaque campagne générée par IA, chaque visuel automatisé, chaque contenu produit sans réflexion préalable contribue à une trajectoire énergétique non durable. La véritable innovation ne consiste pas à tout automatiser, mais à automatiser intelligemment.

Tam-Tam : Tomorrow Rising récompensée au Deauville Green Awards

Tam-Tam : Tomorrow Rising récompensée au Deauville Green Awards

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BKE, une coopérative engagée, récompensée pour la série Tomorrow Rising au festival de Deauville Green Awards.

Prix Argent pour la série Tomorrow Rising au Deauville Green Awards

© BKE

Tomorrow Rising, primé aux Deauville Green Awards, donne voix à celles et ceux qui bâtissent l’avenir loin des projecteurs.

La série Tomorrow Rising, produite par la Fondation Schneider Electric, vient de recevoir le Prix Argent aux Deauville Green Awards. Cette websérie raconte les histoires de Roswita, Shirley, Christine, Farha et Azael.
À travers eux, ce sont des millions de femmes et d’enfants dont on entend les voix, souvent invisibles mais porteuses d’un vrai changement.

Ces récits montrent que l’accès à l’énergie et à la formation, ce n’est pas juste une question de confort. C’est permettre d’apprendre, de soigner, de travailler, et surtout de s’émanciper. Chaque jour, ces personnes se battent avec courage et modestie pour construire un avenir meilleur.

BKE, coopérative engagée, croit que cet avenir se construit ensemble, en écoutant et en soutenant ceux dont les voix sont trop rarement entendues.

Parce que demain ne se fera pas sans nous.

Découvrez dès maintenant la websérie !

Par Nicolas Jalu, Coopérative BKE